Terre crue et Architecture urbaine

LA TERRE CRUE EN MILIEU URBAIN …

 

Regards portés par toa | architectes associés, animés par Laurence Guigou

 

TRIBUNE LIBRE parue dans la revue ARCHISTORM (N°100 – Janvier 2020)

 

RETOUR SUR EXPERIENCE SUITE A LA LIVRAISON PAR TOA DE LA PREMIERE ECOLE EN TERRE CRUE D’ILE-DE-FRANCE : LE GROUPE SCOLAIRE MIRIAM-MAKEBA A NANTERRE.

 

Réinventer la vie et la respiration dans nos villes… se reconnecter à la TERRE.

La ville concentre les désirs et frustrations des citadins. Espace fortement convoité et si concentré, bruyant et parfois si anonyme, il défie chaque jour l’utopie du vivre ensemble. Comment repenser la ville, bâtir des espaces partagés dans lesquels chacun puisse trouver sa place et s’épanouir. Comment faire émerger des nouveaux modèles de vie urbains, recréer une biodiversité urbaine, imaginer des surfaces cultivables, des solutions de mobilité fluide et surtout reconnecter l’homme à la nature et à la terre… Autant de questions, reflets des préoccupations d’une société en quête de sens, qui aiguisent un peu plus chaque jour notre envie en tant qu’architectes de redessiner et réinventer la ville en repoussant les limites du possible.

L’architecte doit se positionner en miroir de la société, être à l’écoute de ses aspirations les plus profondes, se nourrir au quotidien du questionnement perpétuel des citoyens, aller puiser au cœur même des enjeux sociaux et environnementaux, pour apporter des solutions nouvelles, des réponses concrètes à un monde en profonde mutation.
Pour être moteur de cette évolution de la ville, l’architecte doit se poser en laboratoire d’idées, ouvert et inspirant, humaniste et novateur, en chercheur insatiable à l’affût de « nouveaux possibles ». Une vision qui nous est chère chez toa | et qui rend notre métier si passionnant.

Ainsi nous nous sommes intéressés à la terre crue bien avant que soit posée la question de la réutilisation des déblais de terre générés par les nombreux chantiers, notamment ceux du Grand Paris.
Ce matériau naturel, symbole même d’une terre nourricière, est pourvu de qualités exceptionnelles tant sur le plan hygrothermique que d’un point de vue phonique, écologique ou même esthétique, d’où notre interrogation à l’époque : est-il possible de construire en terre crue un bâtiment accueillant du public en Ile-de-France ?

Le groupe scolaire Miriam-Makeba, qui vient d’ouvrir ses portes en septembre 2019 et accueillir ses premiers élèves, démontre aujourd’hui le possible recours à la terre crue en situation urbaine dense.

Cet établissement BEPOS conçu pour minimiser ses impacts et générer plus d’énergie qu’il en consomme fait figure de « prototype ». Les 300 tonnes de terre mises en œuvre pour la construction des 1300 M2 de murs en pisé contribuent à la performance du bilan carbone et apportent une dimension nouvelle « entre ciel et terre ».
Dans un environnement très dense principalement déployé dans la verticalité, notre parti-pris a été d’inscrire ce nouveau lieu de vie et d’apprentissage de façon légère et aérienne dans le panorama nouvellement redessiné du quartier de Nanterre Université. « Ancré au sol par son fondement en terre crue, suspendu au ciel par l’immatérialité de sa vêture inox, le groupe scolaire Miriam-Makeba se fond dans l’horizontalité du paysage. »

Réinventer, c’est requestionner … En nous engageant dans cette première réalisation en terre crue d’Ile-de-France, nous avons fait le choix de l’innovation et de l’expérimentation. Un parti pris novateur qui a séduit la Mairie de Nanterre. Cette dernière fidèle à sa tradition d’innovation en matière d’architecture était prête, pour ce nouvel équipement à vocation éducative accueillant un public très jeune, à s’ouvrir à des matériaux alternatifs.

Le recours au pisé … un choix engagé, motivé par ses performances écologiques.

Naturelle et disponible en abondance, la terre crue a un bilan carbone très faible. Facilement réversible, elle est recyclable à l’infini. Par ailleurs sa capacité à réguler l’hygrothermie d’une pièce offre un vrai confort de vie. Les records de chaleur que nous avons connus cet été, notamment les semaines précédant l’inauguration de l’école, ont permis d’apprécier pleinement cette fraicheur naturelle qu’apporte le pisé. En cette fin de canicule la température intérieure de l’école était restée confortable.

La terre crue est également un précieux allié pour réduire la pollution intérieure car, contrairement à d’autres matériaux, elle n’émet pas de composants organiques volatiles donc de substances nocives. La terre crue prend ainsi tout son sens quand elle est mise en œuvre en milieu urbain dense au sein d’un bâtiment accueillant des tous petits car ses qualités intrinsèques permettent de répondre aux préoccupations grandissantes en matière d’écologie, de santé et d’environnement.

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Lire l’article dans son intégralité ou le télécharger : Terre crue en milieu urbain – toa architectes associés

Retrouver l’article sur ARCHISTORM : paru dans le N°100 de Janv 2020

 

Photos © Frédéric Delangle


TOA ARCHITECTES ASSOCIES

CHANTIER : PREMIERE ECOLE EN TERRE CRUE (PISE) D’ILE DE FRANCE
Groupe Scolaire Miriam-Makeba situé à Nanterre

www.ArchitectureTerreBois.fr

www.toa-archi.com


L’action de LOG’IN  :

+   Rédaction de la Tribune Libre  « LA TERRE CRUE EN MILIEU URBAIN » parue dans le magazine ARCHISTORM de Janvier 2020.

=   Retour sur expérience du cabinet toa | architectes associés suite à la livraison de la première école en terre crue d’Ile de France : groupe scolaire Miriam-Makeba à Nanterre.